L’hôpital régional Mohammed V de Tanger a connu, mardi matin, une marche de protestation interne à laquelle ont participé des dizaines de médecins, infirmiers, techniciens et administratifs. Cette mobilisation intervient en réponse à l’appel du comité syndical national du secteur de la santé, dans une action qualifiée d’“avertissement supplémentaire” adressé au gouvernement face à ce que les professionnels décrivent comme une “gestion irresponsable de l’avenir du service public de santé”.
Cette initiative a suivi la publication d’un communiqué urgent du comité syndical, qui y critique sévèrement l’expérimentation du Groupe Sanitaire Territorial (GST) dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, lancée il y a seulement quatre mois. Selon les syndicats, cette période est “trop courte pour toute évaluation objective”, et l’expérience “reste inachevée, marquée par une grande opacité dans sa gestion et sa mise en œuvre”.
Le communiqué souligne que le GST à Tanger “n’a produit aucun impact tangible ni sur la qualité des services offerts aux patients, ni sur les conditions de travail des professionnels”, précisant que les établissements de santé “continuent de faire face aux mêmes difficultés”, et que les employés “demeurent exclus de toute participation réelle dans ce chantier de réforme”.
Dans le même temps, les syndicats dénoncent “une surprise incompréhensible” après l’inscription par le gouvernement, à l’ordre du jour de son prochain conseil, de décrets relatifs au lancement officiel de 11 nouveaux GST dans d’autres régions du Royaume, en l’absence de toute évaluation préalable de l’expérience de Tanger. Ils y voient une “fuite en avant” et une gestion “irresponsable d’un secteur sensible lié au droit des citoyens aux soins”.
Le comité syndical rappelle que les précédentes manifestations régionales et provinciales visaient à alerter l’exécutif sur “son retard dans l’exécution des engagements de l’accord du 23 juillet 2024”, ainsi que sur le différend concernant les élections du GST, que les syndicats ont boycottées. Ce qu’ils qualifient de “tentative d’imposer le fait accompli” a conduit à une montée de la pression syndicale, le communiqué affirmant : “Nous affronterons cette décision avec détermination, et nous sommes prêts à mener un programme de lutte susceptible de paralyser totalement le secteur si nécessaire.”
Les syndicats accusent également le gouvernement de “fonctionner à deux vitesses”, en adoptant rapidement des textes réglementaires sans concertation, tout en avançant “à un rythme extrêmement lent” sur les dossiers sociaux des professionnels de santé. Ils avertissent que cette approche “porte atteinte au droit des citoyens à la santé et plonge des milliers de fonctionnaires dans l’incertitude”.
Le communiqué appelle les autorités gouvernementales à “intervenir de toute urgence pour éviter l’explosion de la situation dans le secteur de la santé”, les tenant pour responsables de tout trouble ou dysfonctionnement susceptible d’affecter les établissements publics de santé.
Lors de la marche, les manifestants ont scandé des slogans exigeant l’arrêt de la généralisation “d’une expérience non évaluée”, ainsi que la protection du service public de santé et la garantie des droits professionnels des travailleurs. Un mouvement de contestation qui semble appelé à s’intensifier si les revendications ne trouvent pas d’écho auprès des autorités.
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